. Sabotez-vous inconsciemment votre communication ? -

Sabotez-vous inconsciemment votre communication ?

Posted by Harmony Com 0 comments

Aujourd’hui je vais parler d’un sujet un peu inhabituel, mais que je trouve important car il revient chez beaucoup de mes clients.

Il s’agit du saboteur intérieur, dont on a rarement conscience, qui fait que notre communication ne reflète pas vraiment :

  • qui l’on est, nos valeurs (et notre valeur tout court)
  • la qualité de ce qui est proposé (produits ou services)

Au fil du temps, je me rends compte que c’est un problème fréquent, surtout chez les entrepreneures. Ayant aussi connu ce fichu saboteur pour ma 1ère entreprise, voici quelques clés pour le débusquer et lui tordre le coup ! Parce que parfois, il en va de la survie de l’entreprise (et j’en parle en connaissance de cause)…

sabotez-vous inconsciemment votre communication ?

Se saboter pour ne pas s’exposer

On se dit que l’on fait ce qu’il faut pour sa communication, mais intérieurement on sait bien que ce n’est pas le cas, et les résultats le prouvent. C’est « LE » grand sabotage, typique des femmes entrepreneurs qui manquent de confiance ou d’estime (autant dire une grande partie). Il peut toucher les hommes bien sûr, mais je suis à mon compte depuis 2004 et je remarque que ce sont les femmes les plus touchées.

Souvent on sabote inconsciemment sa communication pour ne pas être visible, tout simplement.

Parce qu’être visible, c’est s’exposer au rejet, à la critique, à l’échec, etc… Rester dans l’ombre permet de croire que…, de se protéger, de se dire que ça ne marche pas pour X bonnes raisons. Bref de se trouver des excuses pour ne pas y aller et faire face. C’est humain. Sauf que notre entreprise n’a pas forcément la marge suffisante pour patienter 3 ans avant notre « réveil », et il est parfois très douloureux.

Exemple : le mien…

Pour ma 1ère entreprise, pensant bien faire (par rapport à ma cible très masculine notamment), je m’étais beaucoup « cachée ». Y compris dans l’aspect graphique, qui ne me correspondait pas du tout (mais était adapté à ma cible). Je n’osais pas trop parler de mes études, de mes « atouts », encore moins mettre ma photo ou parler un peu de moi. Et je l’ai payé cher, car mon entreprise a mis longtemps à démarrer : jusqu’à ce que je me dise « et zut, je fais un site qui me ressemble, et on verra ». Le même site sur le contenu, exactement, pour en avoir le coeur net (il n’y avait pas vraiment de soucis avec Google à ce moment là).

Et là : changement radical ! 3 fois plus de visites et de contacts dès le 1er mois et mon entreprise a vraiment démarré. Seulement j’avais perdu plus de 2 ans, qui m’ont été fatals par la suite car je n’ai pas pu rebondir lors d’un changement majeur dans mon métier. Je n’avais plus assez de « marge » financièrement pour y faire face, j’ai dû fermer. Et croyez-moi, l’expérience est douloureuse ! Avec pas mal de regrets ensuite sur ce qu’on aurait pu et dû faire, ne pas faire…

La clé ? Vouloir vraiment que son entreprise marche, même si ça semble bête de sortir cette évidence (ce qui revient souvent à un besoin vital d’argent ou d’indépendance financière). Trouver assez de motivation en soi pour se dire le fameux « et zut, j’y vais », qui fera franchir l’obstacle. Il peut s’agir du travail de nos rêves, de sentir un véritable appel pour le faire et aider, ne plus être dépendant d’un patron, pouvoir s’occuper de ses enfants, etc… Projetez-vous vers votre objectif final, qui est en général celui qui vous a donné envie de créer votre entreprise. Faîtes-le revivre pour le rendre plus fort et qu’il vous serve de tremplin dans les moments de doute (souvenez-vous de ce patron infect, des trajets interminables, d’un travail ennuyeux à mourir, etc…).

Peu importe : trouvez votre motivation principale pour avoir davantage envie de réussir que peur d’échouer (ou de quelques éventuelles critiques).

Tant que la motivation profonde n’y est pas, qu’on croit avoir le temps, des indemnités chômage rassurantes, un conjoint compréhensif : la peur peut rester la plus forte. Et on n’ose pas… Seulement le temps tourne, l’argent ne rentre pas, des concurrents peuvent arriver, et il est parfois trop tard pour se lancer. Car communiquer demande un minimum de budget et beaucoup de temps, qu’il est parfois difficile de trouver après une longue errance. 

Il faut aussi relativiser les risques : il n’y aura (normalement !) pas mort d’hommes. Oui vous pouvez nuire à votre image et il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. Mais ne rien faire vous conduira à l’échec à coup sûr. Alors pourquoi ne pas tenter, pas à pas ?

Ne cherchez pas à tout changer d’un coup : c’est décourageant et effrayant. Mettez en place une chose après l’autre, quand vous sentez que c’est approprié pour vous. Faîtes-la valider pas votre communauté si vous en avez une ou des personnes neutres, ce qui vous rassurera pour la suite. Vous n’êtes plus à 2-3 mois prêts en général : prenez le temps de réfléchir et d’appliquer correctement les éléments que vous estimez importants. Vous prendrez ainsi confiance petit à petit pour de plus gros projets de communication.

Se saboter par manque de confiance ou d’estime (souvent les 2)

Beaucoup de femmes peinent à trouver leur légitimité en tant qu’entrepreneures. Elles ont l’impression (je l’ai eue aussi) de trop se mettre en avant, de se « vanter », ne veulent pas faire le vendeur de tapis, etc…

On préfère souvent rester en retrait, en se disant que « les gens vont comprendre », qu’ils vont voir nos compétences ou qualités. Et puis non…

Il faut être conscient que la majorité des personnes, surtout sur Internet, passent très peu de temps à lire un site ou blog. Pensez aussi mobile, tablette devant la TV, dans une salle d’attente, le bus. Ils ne vont pas réfléchir ni chercher à lire entre les lignes. L’internaute est globalement peu attentif et pressé. Il faut annoncer la couleur clairement, sinon il repart car il sait que généralement, il a le choix ailleurs. Et il recherche la facilité avant tout.

La clé ? Etre conscient qu’il faut clairement exprimer les choses pour être vu et compris. Exit le jeu de pistes et les sous-entendus. Mais aussi être clair pour donner confiance et être crédible. Si vous n’avez pas confiance, que vous semblez vendre du bout des lèvres, sans trop préciser quoi ni comment : pourquoi le prospect aurait confiance ? Il va se dire que peut-être vous ne connaissez pas bien votre métier, que vous n’êtes pas assez compétent ou expérimenté, ou que vous savez que votre produit n’est pas terrible.

Ne pas communiquer suffisamment ou pas assez clairement conduit aussi à attirer les mauvaises personnes : des clients qui ne vous correspondent pas, avec lesquels vous n’aurez certainement aucun plaisir à travailler, et qui viendront saper un peu plus votre confiance en vous critiquant ensuite.

Il est important :

  • de valoriser son parcours, sa formation, ses expériences, pour affirmer ses compétences et rassurer le client potentiel. Ce n’est pas se vanter, mais absolument nécessaire pour être pris au sérieux, surtout dans un milieu concurrentiel
  • de donner un visage humain à l’entreprise, avec au moins une photo (et je fais partie de ceux qui n’aiment vraiment pas s’afficher, je comprends que ce soit difficile), l’expression de vos valeurs, voire de vos goûts et centres d’intérêt (sans s’attarder), pour créer du lien

Il faut seulement trouver un juste milieu pour ne pas faire « CV trafiqué », ni trop cacher ses mérites. Pour cette partie, le recours à une aide extérieure, neutre, est souvent bienvenu. En affirmant vos compétences et qualités, avec justesse, vous prendrez confiance.

pour une page à propos efficace

Se saboter par manque (réel ou non) de compétences

Autre possibilité de sabotage : un manque réel de compétences. Il est facile de créer son entreprise aujourd’hui, et certains se lancent sans projet solide. Mais il ne suffit pas d’avoir fait le site de son voisin et de l’épicier pour être webmaster, ni d’utiliser Facebook / Twitter pour se décréter CM (community manager). C’est pourtant ce que l’on voit régulièrement… Il faut faire la différence entre loisir et métier. Dans ces cas là, soyons clairs : la communication ne peut rien faire.

Parfois il s’agit juste d‘un manque de compétences sur certains aspects, qui peut faire l’objet d’une petite formation. Ou d’un produit / service qui n’a pas besoin d’être « vendu ». Certains métiers, comme le mien, sont très larges. La plupart des professionnels ne sont pas excellents en tout, et c’est normal. Dans ce cas, 3 solutions :

  • vendre seulement ce que l’on maîtrise parfaitement (là où on est le plus doué, ce qui revient souvent à faire ce que l’on aime le plus)
  • se former sérieusement 
  • sous-traiter ces aspects à des partenaires

Le fait de ne pas se sentir assez compétent sur une partie de notre métier, ne doit pas être un obstacle pour communiquer. Il est aussi possible de l’exprimer carrément. Par exemple je suis issue du marketing, mais je n’ai jamais aimé vendre, encore moins prospecter. Je me débrouille, j’ai eu de bons résultats quand j’étais salariée, mais ce n’est pas mon truc : je ne le vends pas. Je fais de la communication, une branche du marketing. Et encore : je ne propose que des services où je sais être vraiment performante, qui sont aussi ceux que je préfère.

En sachant que vous proposez à vos clients seulement ce que vous maîtrisez et aimez, vous supprimerez ce manque de confiance, et le sabotage qui va avec. Sinon en effet, on n’ose pas s’exprimer, car on sait que ce sera bof-bof, pas convaincant, ou qu’on sera probablement incapable de faire face à une question sur le sujet. On évite aussi (plus ou moins consciemment) de vendre tel produit ou service, de peur des clients insatisfaits.

Donc ne vous sentez pas obligé(e) de tout proposer de votre métier. Il est facile de se sentir noyé parmi toutes les possibilités, de faire un site brouillon, de communiquer dans tous les sens et de s’y perdre complètement au final (le client avec). Il est fort probable que du coup, on hésite aussi à communiquer auprès de partenaires ou prescripteurs éventuels. Ce sont finalement beaucoup de portes qui se ferment…

Quelques conseils :

  • concentrez-vous sur vos points forts
  • élaguez votre offre au besoin, faîtes simple (il vaut mieux ajouter ensuite des services ou produits, quand on a pris confiance)
  • communiquez principalement sur les sujets où vous excellez

C’est une clé majeure pour remonter son estime, prendre confiance et oser s’exprimer. 

Pour conclure : soyez conscients que de nos jours, le client recherche une personne autant qu’un prestataire. Ou un humain derrière des produits vendus. Si vous ne communiquer pas suffisamment, si vous vous cachez trop, il est peu probable que votre entreprise perdure. Il y a souvent trop de concurrence pour se permettre de croire au miracle. Oui vous pouvez bénéficier de ce miracle (une main tendue qui change tout, une opportunité exceptionnelle…) : mais combien y ont droit ? Et pouvez-vous attendre tout ce temps, prendre le risque de fermer au bout des fameuses 3 années souvent fatidiques (75 % des entreprises ferment avant 5 ans) ?

Ce sabotage intérieur est souvent fort chez les indépendants, qui ne bénéficient pas de l’effet synergie d’une équipe. Quand on sort du salariat, où le travail en équipe est la norme, il est souvent intimidant de devoir aller au charbon seul(e). Paul ne sera pas là pour récupérer notre boulette. Samantha ne nous remontera pas le moral. Pierre ne fera pas jouer ses relations : on est souvent seul à la barre, surtout au début.

Alors n’hésitez pas à vous entourer de partenaires solides qui pourront aussi vous rassurer, vous seconder sur vos points faibles, et vous permettre de communiquer enfin librement !

Je tiens à remercier Laurence Galambert d’Easy Social Media et Nathalie Antonio Giraud de Rev’elle coaching, qui m’ont inspirée pour cet article. Elles ont proposé des articles ou vidéos sur le syndrome de l’imposteur notamment. Je vous mets ci-dessous une vidéo qui pourra peut-être vous aider, avec un aspect plus « psychologique ».

Sandra PEREZ – Harmony Com

Crédit photos : Fotalia

 

Harmony Com

The following two tabs change content below.
Sortie d'une école de commerce (marketing et gestion), après quelques expériences commerciales, je suis tombée dans le web dès 99. Webmaster freelance dès 2004, j'étais déjà spécialisée TPE ! Avec le web 2.0, j'ai repris une activité plus conforme à mes compétences : la communication pour TPE. Ma philosophie : du sur mesure qui va à l'essentiel ! Conseil / accompagnement - Rédaction commerciale - Social média - Print / logo
Vous avez aimé ? Laissez un commentaire, votre e-mail ne sera jamais utilisé !

Nom

Email

Site web

Previous Post
«
Next Post
»
Recevez les derniers articles chaque lundi, et rien d'autre !
Je m'abonne
0 Partages
Tweetez
Partagez
Partagez
Enregistrer
+1