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Comment écrire un livre professionnel ? Les conseils de Pierre Maurin, auteur confirmé

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Vous le savez certainement, j’ai écrit avec Pierre Maurin (contrôleur de gestion) le livre La communication commerciale en clair, aux éditions Ellipses.

Auteur confirmé, il m’a dernièrement sollicitée pour l’aider sur la couverture de son prochain ouvrage (titre, visuel, 4ème de couverture), à paraître bientôt aux éditions AFNOR (sur la gestion de la défaillance dans les PME). Et je me suis dit qu’il serait intéressant de vous faire profiter de son expérience, car il a écrit une bonne douzaine de livres professionnels.

J’ai eu la chance qu’il me propose le projet du livre écrit ensemble, et de ne pas avoir à partir de 0 : cogiter sur le sujet, un plan, chercher un éditeur, etc… Car tous ceux qui ont écrit un livre vous le diront : c’est beaucoup, beaucoup de temps et de travail !

Alors l’expérience de Pierre pourrait aider les futurs auteurs, car écrire un livre est un formidable outil de communication pour son entreprise. Il permet :

  • de montrer son expertise
  • de gagner en crédibilité
  • de donner de la visibilité à l’entreprise, par la communication réalisée autour de l’ouvrage

Voici les conseils avisés de Pierre pour ceux qui envisagent d’écrire un livre professionnel (la démarche est du reste similaire pour d’autres types d’ouvrages).

Sandra PEREZ – Harmony Com
Spécialiste en communication pour TPE

Interview Pierre Maurin, contrôleur de gestion : comment écrire un livre professionnel

livres Pierre Maurin

3 livres écrits par Pierre Maurin

Comment / pourquoi es-tu devenu auteur ?

Je suis devenu auteur en 2005, à la demande de plusieurs dirigeants de petites entreprises qui préféraient s’auto-former par la lecture, plutôt que de participer à des sessions de formation individuelles ou collectives.
J’ai fini par accepter leur demande, lorsque j’ai constaté qu’il n’existait plus de livre correspondant à leurs exigences : des ouvrages pratiques en gestion d’entreprise, du type mémento.

Quelles compétences vaut-il mieux avoir pour devenir auteur ?

Au préalable, il faut déjà aimer écrire. C’est impératif. Ensuite, il faut être méthodique, comme lorsqu’on faisait une rédaction durant nos études : poser le problème à traiter et en déduire un plan détaillé, afin d’éviter de faire des digressions ou de faire l’impasse sur des points importants.

Dans un second temps, il faut bien connaître les attentes et les particularités de la cible de lecteurs visée, afin d’adapter son style et sa manière d’expliquer en conséquence. Car un auteur écrit en général pour les autres, rarement pour lui-même.

Comment as-tu trouvé un éditeur, et quels conseils donnerais-tu à ce sujet ?

J’ai trouvé mon premier éditeur en faisant une série de recherches exhaustive sur Internet, durant presque 1 an, en acceptant le principe de l’édition « à compte d’auteur » (procédé qui consiste à faire supporter la majorité des coûts d’édition à l’auteur). Car les éditeurs traditionnels n’étaient pas intéressés, au départ, par ce type d’ouvrages.

Le premier conseil, que l’on peut donner sur ce point, est d’être persévérant. Car le processus de recherche est souvent très long, surtout lorsque l’on n’est pas connu et que le sujet que l’on propose n’est pas à la mode.

Le deuxième conseil est de bien cibler la catégorie d’éditeurs la plus susceptible d’être intéressée par votre projet. Pour y arriver, le plus simple est d’identifier les éditeurs qui publient des ouvrages similaires ou comparables à votre projet et de les contacter un par un.
Si cela ne donne rien, vous pouvez aussi rechercher sur Internet (ou dans la presse spécialisée sur le sujet de votre projet) s’il n’y a pas d’éditeurs qui sont sur le point (ou qui envisagent) de créer une nouvelle collection de livres, qui pourraient intégrer votre projet ou qui recherchent des auteurs dans un thème proche du vôtre.

Une autre possibilité est de travailler avec un éditeur à compte d’auteurs. Mais dans ce cas, il faut le choisir avec pertinence et discernement. Car ce mode d’édition nécessite, pour l’auteur, un investissement financier plus ou moins conséquent, suivant l’éditeur et le nombre d’exemplaires choisis (la quantité minimale étant en général de 300 exemplaires). En outre, certains de ces éditeurs ne prennent pas toujours en charge la totalité de la commercialisation du livre. Il est donc primordial de bien lire les différentes clauses du contrat d’édition qui vous sera proposé, afin d’éviter d’avoir de mauvaises surprises par la suite. En cas de doute sur la légalité ou la pertinence de certaines clauses, n’hésitez pas à demander conseil auprès d’un avocat spécialisé en droit d’auteurs. De même, vous pouvez contacter une association d’auteurs (par exemple, la SGL => www.sgdl.org) ou le Centre National du Livre (=> www.centrenationaldulivre.fr) pour avoir plusieurs avis.

Quel est ton avis sur l’auto-édition et les ebooks ?

Il est aussi possible d’autoéditer son livre par le biais d’une plateforme d’auto-édition. Mais dans ce cas il faut avoir bien conscience que sa commercialisation doit être réalisée essentiellement par l’auteur : ce qui nécessite un investissement en temps et en argent assez conséquent en général, notamment pour le faire référencer par certains distributeurs spécialisés très sollicités.

Sur ce point de très bons conseils sont d’ailleurs donnés par le site Internet « Le souffle numérique« .

Y a-t-il des pièges à éviter pour un contrat ?

Sur le plan contractuel, les principales clauses sur lesquelles un auteur doit être très vigilant sont celles portant sur :

  • la durée du transfert des droits d’auteur à l’éditeur
  • l’adaptation visuelle de votre ouvrage (que vous n’êtes pas obligé d’accepter, contrairement à ce que font croire certains éditeurs peu scrupuleux)
  • la date maximale à laquelle vous devez remettre votre manuscrit à l’éditeur
  • les conditions de sa commercialisation et/ou de sa diffusion (qui en est responsable et jusqu’à quel niveau)
  • s’assurer avant de signer que l’éditeur existe réellement et qu’il n’est pas en redressement ou liquidation judiciaire
  • l’état des ventes et le stock de livres restant (qui est obligatoire une fois par an)
  • la rémunération de l’auteur (qui doit être un % du prix de vente public hors-taxe, dans la plupart des cas), y compris en cas de location de vos livres ou de cession ponctuelle d’une partie de vos droits d’auteur à un autre organisme
  • les conditions d’une éventuelle prise en charge des frais de corrections par l’auteur (notamment lorsque ces dernières sont très nombreuses)
  • le nombre d’exemplaires qui seront imprimés (surtout en cas d’édition à compte d’auteurs)
  • les conditions de récupération de ses droits par l’auteur, notamment lorsque l’éditeur ne publie pas ou ne réédite plus son livre
  • sur le droit de préférence éventuel de l’éditeur sur les prochains autres ouvrages de l’auteur (qui ne peut légalement excéder les 5 ouvrages futurs ou le nombre d’ouvrages éventuellement écrits par l’auteur durant les 5 années à venir)
  • la répartition des droits d’auteur dans le cas où le livre est écrit par plusieurs personnes (en pratique ils sont très souvent répartis en parts égales)

Pour en savoir plus : www.enviedecrire.com/contrat-edition-pieges-a-eviter/

Comment se passe concrètement la création d’un livre ?

1ère étape : en général, il faut au minimum rédiger une présentation détaillée de votre projet, en précisant :

  • le ou les titres pour lesquels vous avez une préférence (en sachant que c’est l’éditeur qui le choisit, avec ou sans votre accord)
  • les raisons de votre projet : pourquoi désirez-vous écrire ce livre ? Les avantages qu’il peut apporter aux lecteurs, notamment par rapport aux éventuels livres concurrents…
  • la principale cible de lecteurs concernée, ainsi que les éventuelles cibles secondaires
  • le nombre de pages approximatif, en précisant le format correspondant (format A4, format 15 x 21, etc.)
  • le plan détaillé
  • la liste des principaux livres concurrents éventuels
  • l’introduction du livre
  • la conclusion du livre
  • le texte de couverture (qui est aussi en général choisi ou rédigé par l’éditeur, en coopération ou non avec l’auteur)

2ème étape : une fois cette présentation rédigée, vous devez la transmettre aux différents éditeurs susceptibles d’être intéressés.

3ème étape : une fois le contact établi avec un éditeur, l’auteur doit parfois répondre à un questionnaire écrit (souvent présenté sous la forme d’une fiche projet) ou lors d’un simple échange téléphonique avec un chargé d’édition (« chef de produit » ou « responsable éditorial » de l’éditeur).

4ème étape : si le chargé d’édition est convaincu de la pertinence du projet, il va le proposer (et le « défendre ») auprès du comité éditorial de l’éditeur (qui se réunit en général une fois par mois).

5ème étape : une fois que le comité éditorial a validé le projet, un contrat d’édition est proposé à l’auteur.

6ème étape : l’auteur lit consciencieusement le contrat et le valide s’il est d’accord avec la totalité de son contenu (en paraphant chaque page) et le renvoie signé à l’éditeur (en respectant l’éventuel délai fixé par l’éditeur).

7ème étape : l’auteur doit rédiger l’intégralité de son manuscrit, en respectant les consignes et règles éditoriales fixées par son éditeur (par le biais en général d’un modèle de document qu’il transmet à l’auteur avec des recommandations écrites) et le remettre avant la date butoir fixée dans le contrat.

8ème étape : l’éditeur fait relire le manuscrit à un correcteur (ou correctrice), en général durant les 3 mois qui suivent sa date de remise à l’éditeur.

9ème étape : l’éditeur renvoi le manuscrit corrigé (tant au niveau de l’orthographe, de la grammaire que du style ; voire de la mise en pages en elle-même) à l’auteur pour validation.

10ème étape : l’auteur doit, dans un délai en général de 2 semaines, renvoyer cette nouvelle version à son éditeur, en précisant son accord écrit (mention « bon pour accord pour mise en pages définitive ») et les éventuelles remarques ou questions sur les corrections réalisées par l’éditeur.

11ème étape : l’éditeur renvoi pour validation – au bout de 3 ou 4 semaines en général – la mise en pages définitive de la dernière version du manuscrit. Dans ce cas, l’auteur ne peut demander des modifications portant sur l’orthographe, le style ou la grammaire. Son éventuelle demande ne peut porter que sur la mise en pages elle-même (positionnement d’un encadré ou d’un paragraphe, typographie des titres, localisation d’une illustration…).

12ème étape : une fois la mise en pages validée par l’auteur (dans un délai assez court en général : soit moins d’une semaine), celui-ci transmet par écrit son accord définitif pour l’impression du livre (mention « bon pour accord pour impression » ou « bon à tirer »). En parallèle, l’éditeur conçoit (ou fait concevoir par un graphiste indépendant) la couverture de l’ouvrage et y intègre la dernière version du texte de couverture. Il la transmet ensuite à l’auteur pour avis (voire pour validation dans certains cas, notamment dans l’édition à compte d’auteur).

13ème étape : l’éditeur envoie le manuscrit et sa couverture finalisée à l’imprimeur.

14ème étape : au bout d’un délai de 3 mois minimum, les premiers exemplaires sortent de chez l’imprimeur et sont envoyés aux principaux distributeurs avec lesquels l’éditeur a des accords commerciaux.

Quel est le rôle de la couverture pour un ouvrage, et quels conseils donnerais-tu à ce sujet ?

Le rôle de la couverture est très important, car c’est la première chose que le lecteur voit.

En conséquence, la première impression qu’il en aura est capitale pour la suite : si elle est bonne, il va feuilleter l’ouvrage et en lire quelques passages, pris au hasard ou au contraire en fonction d’un point précis qui l’intéresse. Sinon, il y a forte chance qu’il repose l’ouvrage sans même l’avoir feuilleté. Pour faire simple, la couverture a un peu le même rôle que l’emballage d’un produit haut de gamme ou de luxe : elle joue le rôle « d’ambassadeur » de son contenu.

Il est donc important que l’auteur puisse participer à sa conception ou tout au moins qu’il puisse donner son avis. A condition néanmoins qu’il perçoive la couverture avec l’œil d’un client exigeant et non en fonction uniquement de ses propres goûts. Car si la couverture lui plaît, cela ne garantit pas pour autant que ses goûts seront partagés par une majorité des lecteurs concernés !
En cas de doute, il ne doit pas hésiter à demander l’avis d’un professionnel de la communication qui connaît bien les exigences de ses futurs lecteurs, afin d’éviter de s’en « mordre les doigts » par la suite. Car une fois qu’il est publié, il est quasiment impossible de revenir en arrière…

Dans le cas de l’auto-édition, il est aussi fortement conseillé de recourir aux services d’un professionnel de la communication qui connaisse bien votre cible et qui ait des compétences suffisantes en graphisme, ou qui travaille avec un graphiste professionnel. Car faire la couverture soi-même, alors que l’on a aucune compétence en communication et en graphisme, peut faire courir un risque d’échec commercial très élevé à l’auteur.

Faut-il faire attention à certains éléments en particulier face à un éditeur ?

En plus des conseils déjà énoncés précédemment, sur le plan commercial, il est important de s’assurer que l’éditeur réalise réellement la promotion du livre, conformément au contrat d’édition. Car il arrive parfois – notamment dans le cadre de l’édition à compte d’auteur – que l’éditeur ne « joue pas le jeu » jusqu’au bout, ce qui peut engendrer un très faible nombre de ventes et donc une rémunération purement symbolique pour l’auteur.

Sur le plan purement technique, il faut parfois faire attention à la qualité des corrections réalisées par l’éditeur. Car certains d’entre-eux peu scrupuleux sous-traitent cette tâche à des personnes qui ne maîtrisent pas suffisamment les subtilités de la langue française (j’en ai d’ailleurs fait les frais une fois par le passé). Ce qui peut être d’autant préjudiciable, si le livre traite d’un sujet très technique ou des points complexes. Car beaucoup de lecteurs sont attentifs à l’orthographe et à la grammaire, ainsi qu’aux fautes de styles (qui nuisent le plus à la compréhension).

As-tu d’autres conseils à donner à un futur auteur ?

Pour finir, j’ajouterais que lorsque l’on écrit son premier ouvrage, il peut être pertinent de le faire lire au fur et à mesure de son écriture (au moins en partie) par plusieurs personnes de son entourage (personnel ou professionnel), afin de s’assurer qu’il est compréhensible par des non spécialistes et que son sujet génère un réel intérêt pour le lecteur. En outre, ces personnes peuvent aussi apporter des idées intéressantes pour enrichir l’ouvrage ou le rendre plus clair ou plus original.

Merci Pierre pour ces nombreux conseils, très concrets !

Retrouvez les ouvrages de Pierre Maurin ici.

Une partie des ouvrages écrits par Pierre Maurin, principalement autour de la gestion

Une partie des ouvrages écrits par Pierre Maurin, principalement autour de la gestion

 

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Sortie d'une école de commerce (marketing et gestion), après quelques expériences commerciales, je suis tombée dans le web dès 99. Webmaster freelance dès 2004, j'étais déjà spécialisée TPE ! Avec le web 2.0, j'ai repris une activité plus conforme à mes compétences : la communication pour TPE. Ma philosophie : du sur mesure qui va à l'essentiel ! Conseil / accompagnement - Rédaction commerciale - Social média - Print / logo
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